Question 1

Question: 

Mon amie, âgée de 35 ans et atteinte de polyarthrite rhumatoïde depuis environ 15 ans, souffre de violentes douleurs cervicales. Après examens, le neurochirurgien lui propose une intervention stabilisatrice dans un délai rapproché. - J'ai moi-même 42 ans, j'ai débuté une polyarthrite à l'âge de 10 ans et je souffre aussi depuis longtemps de raideurs et douleurs cervicales, mais on ne m'a jamais parlé d'opération. Pourquoi ?

Réponse: 

Suivant que la polyarthrite débute dans l'enfance (polyarthrite infantile ou juvénile) ou à l'âge adulte, il y a de nombreuses différences dans les manifestations cliniques. Dans le premier cas (c'est votre cas personnel), on trouve le plus souvent à la colonne cervicale une atteinte érosive des articulations interapophysaires postérieures : l'enraidissement qui en résulte provoque une limitation des mouvements et surtout des douleurs, mais ne menace pas la stabilité de la colonne cervicale.

En revanche, dans le second cas (celui de votre amie), c'est l'articulation entre la première et la deuxième vertèbre (atlas et axis) qui est visée. La détérioration des ligaments et l'usure osseuse permettent une dislocation antérieure et une ascension de l'apophyse odontoïde, qui menacent gravement les structures nerveuses (bulbe puis moelle épinière) qui passent juste au contact de ces vertèbres.

En étudiant les documents radiologiques, on constate effectivement que votre amie présente ce type de lésion, nécessitant une stabilisation chirurgicale. Par contre, chez vous, la jonction atlas-axis est épargnée. Les érosions postérieures des vertèbres cervicales inférieures évoluent vers un enraidissement spontané et ne représentent donc pas une indication opératoire.

Atteinte Atlas - Axis avec instabilité (PR de l'adulte) ci-dessous

Erosions des articulations postérieures (polyarthrite à début juvénile) ci-dessus

Commentaires

Bonjour  à  toutes et à tous.

Je m'appelle Margarita et je souffre d'une polyarthrite chronique évolutive depuis 14 ans.

Il y a un an, j'ai  commencé à avoir des douleurs assez fortes à la nuque, mais qui disparaissaient après quelques jours, deux ou trois maximum, mais il y a quelques mois elles restaient  plus longtemps. Je n'arrivais pas à tourner la tête, surtout du côté gauche, c'étaient des lancées terribles, je ne pouvais pas mettre la tête vers le bas, ça faisait très mal.

J'ai décidé alors de parler à mon médecin, qui m' a examiné et qui m'a conseillé d'aller voir un chirurgien. J'avais très peur, puisque je n'ai jamais pensé que la maladie arriverait si vite à ma nuque, j'ai même pas imaginé que ça serait possible, c'est pour cela qu'aller voir un chirurgien ne me paraissait pas nécessaire et  j'ai pensé que les radios et l'IRM seraient bons, mais ça n'a pas été le cas. On  voyait bien que les cervicales 1 et 2 étaient pas mal abîmées.le chirurgien m'a très bien expliqué de quelle façon ça allait évoluer, puisque c'était un endroit  assez délicat, alors il m'a informé de quelle façon on opérait .le temps de l'opération, les jours que je devais rester à l'hôpital, enfin toutes ces choses là .

Je dois dire qu'en sortant de son cabinet  j'étais pas très bien et j'avais assez peur, surtout parce que je ne connaissais personne qui soit déjà passé par là. Sincèrement je ne savais pas quoi décider, le pire, je crois, c'est que c'était à moi de prendre la décision. J'ai aussi parlé avec mon mari qui me conseilla de la faire puisque c'était nécessaire et surtout  ma famille pensait aussi que c'était le mieux pour moi, mais je n'arrivais pas à me décider. Les dames du groupe de la P.R.ne voulaient pas que je me fasse opérer, elles pensaient un peu comme moi que c'était trop délicat, alors j'étais assez perdue, je ne trouvais pas de solution et j'aurais vraiment voulu que quelqu'un prenne cette décision  à ma place .

J'ai à nouveau pris rendez-vous chez le chirurgien pour parler un peu et essayer  de voir plus clair mais c'était pas mieux. Jusqu'au jour où une amie du groupe a invité un rhumatologue qui voulait nous parler un peu sur la maladie et le thème des cervicales est sorti. Il disait que certains problèmes de cervicales,  qui se trouvent « en haut » sont plus délicats que ceux « en bas »,  parce que les cervicales du bas, à la longue, se bloquent toutes seules mais pas celles du haut. Ca m'a décidé à  faire l'opération.

J'aurais pu attendre plus de temps, mais il fallait faire très attention à ne pas tomber ou au coup du lapin en voiture, puisque ça pouvait bouger et causer de graves conséquences. Je ne me voyais pas  faire tout le temps attention, alors j'ai pris ma décision, bien que je n'aie pas trop le choix, et le 23 mai 2000,  je me suis faite opérer .

Le réveil, après l'opération,  fut très dur. Je dois dire que sur le moment j'ai beaucoup regretté, mais je peux vous dire que maintenant ça va beaucoup mieux : les douleurs ne sont plus là, bien sûr ça a été long à porter une minerve pendant trois mois, mais ça valait la peine.

Bon courage à toutes et à tous, et j'espère que mon expérience vous servira , merci.      

Margarita