Question 10

Question: 

Comment peut-on être sûr du diagnostic concernant la Polyarthrite et n'y a t-il pas d'autres maladies qui donnent les même symptômes?

Réponse: 

Votre question est intéressante, mais il est difficile d'y répondre sans avoir plus de détails sur votre maladie. 

La polyarthrite rhumatoïde (précédemment appelée polyarthrite chronique évolutive) est une maladie fréquente (1 % environ de la population adulte), mais dont les manifestations peuvent être très diverses. Du fait que ce diagnostic implique une évolution prolongée, un pronostic souvent sévère au plan articulaire et un traitement lourd, je comprends votre exigence d'un diagnostic de certitude.

Cette maladie commençant le plus souvent de façon insidieuse, il est difficile d'atteindre cette certitude diagnostique avant quelques mois, parfois même avant un ou deux ans d'évolution dans les cas difficiles. A l'âge de 60 ans et avec une évolution de 3 ans (d'après les renseignements que vous nous donnez), il devrait cependant être possible de poser ce diagnostic de certitude.

Ce diagnostic implique tout d'abord la constatation objective d'arthrites prolongées, touchant au moins trois articulations ou régions articulaires (avec enflure, légère chaleur, légère rougeur et démonstration d'un liquide articulaire de type inflammatoire à la ponction).

La présomption est renforcée s'il existe une raideur douloureuse à prédominance matinale, une localisation aux petites articulations des mains ou des pieds, une tendance à la symétrie, une anémie et une augmentation de la vitesse de sédimentation. La certitude est atteinte lorsqu'en plus on peut mettre en évidence des déformations articulaires typiques, des nodules rhumatoïdes (petites « boules » localisées à la face d'extension des coudes, plus précisément au niveau de l'olécrane), des images radiologiques caractéristiques (déminéralisation de voisinage, pincements articulaires et érosions osseuses) et des facteurs rhumatoïdes dans le sang. Ces derniers critères sont cependant d'apparition tardive. Vous demandez très justement s'il existe d'autres maladies qui donnent les mêmes symptômes. C'est ce que nous appelons le diagnostic différentiel. Pour arriver à ce diagnostic, les médecins disposent d'une part de critères de diagnostic positif (établis en 1987 par l'American College of Rheumatology) et d'autre part de critères d'exclusion. Ces maladies à exclure se comptent par dizaines : certaines ne concernent pas votre tranche d'âge et d'autres sont très rares. Dans votre cas particulier, il importerait avant tout d'exclure :

  1. La goutte, caractérisée par une ou plusieurs arthrites intermittentes, très inflammatoires, visant plutôt les grosses articulations.
  2. La chondrocalcinose, qui se présente soit sous forme d'une arthrite aiguë, soit sous forme d'arthrites plus rapides et éventuellement destructrices (épaules, genoux). Ces deux affections sont en relation avec des cristaux d'urates, respectivement de pyrophosphate, si bien qu'elles peuvent être confirmées ou infirmées par l'examen du liquide articulaire.
  3. La polymyalgia rheumatica (ou pseudo-polyarthrite rhizomélique), qui intéresse la région cervicale, les épaules et les hanches, avec une impotence douloureuse souvent très importante. Cette affection est caractérisée par une vitesse de sédimentation très élevée.

En conclusion, la certitude du diagnostic, que vous demandez, pourra s'établir sur le type et la répartition des articulations atteintes, sur l'évolution prolongée et surtout sur les éléments objectifs fournis par les radiographies, l'examen du sang (anémie, vitesse de sédimentation, facteurs rhumatoïdes) et l'examen du liquide synovial (numération des globules blanc, recherche des cristaux pour exclusion).

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Commentaires

Je Vous remercie pour Votre site extrêmement intéressant, je suis " débutante " dans cette aventure incertaine. Je n'ai encore aucune certitude de mon état,

Êst-ce une Polyarthrite Rhumatoïde ou pas ? Apparemment, oui. L'avenir me le dira.

Mais je vais avoir la possibilité de rencontrer la rhumatologue de Genève, qui pourra me confirmer le diagnostic.

En ce qui me concerne, j'ai 38ans, et je vais avoir une opération, Prothèse de Hanche, la semaine prochaine. et par la suite il y a aura encore la pose d'un

disque intervertébral L5 - S1.

Donc, tout ce que je peux lire me permet de mieux intégrer ce qui existe dans la pharmacologie actuelle. Et quels sont les attentes qu'un patient peut

envisager. C'est malgré tout plus encourageant, que je ne le croyais.

Encore bravo pour Votre site, je ne suis qu'à son début, mais je le trouve très instructif.

Recevez, Messieurs, Mesdames mes cordiaux messages.  mon Email: f36quillet@hotmail.com