Question 11

Question: 

Ma mère atteinte de PR depuis l'âge de 29 ans,actuellement âgé de 72 ans doit démarrer un nouveau traitement l'Arava (leflunomide) qu'en pensez vous, existent t'ils des personnes ayant déjà bénéficieés de ce traitement résultats et effets secondaires? ma mère était auparavant sous méthotrexate,sans grand résultats, elle a tout essayé (salazopyrine,trolovol,plaquénil etc...),pouvez vous m'en dire plus sur ce nouveau traitement merci d'avance

Réponse: 

Votre mère a donc une polyarthrite dont l'évolution s'étale maintenant sur plus de 40 ans.

Parlons  d'abord de la stratégie thérapeutique. Après l'échec des traitements de fond « classiques », un nouveau traitement de fond se justifie s'il y a actuellement des signes d'évolution de la maladie, sous forme d'une inflammation objectivement constatée au niveau de certaines articulations, avec des signes généraux et une élévation significative de la vitesse de sédimentation et de la C-réactive-protéine. Il faut d'emblée préciser que le meilleur des traitements de fond ne pourra agir que sur les inflammations articulaires actuellement présentes et non pas sur les détériorations et déformations articulaires anciennes.

Le Léflunomide (Arava ®) est actuellement proposé lorsque les autres traitements de fond, tels que le Méthotrexate et la Sulfasalazine ont échoué ou épuisé leurs effets. Les expériences s'accumulent dans les centres spécialisés (par ex. Prof. Scott à Londres, Prof. Dougados à Paris, Prof. So à Lausanne).

Les résultats obtenus par les divers auteurs, avec toutefois un recul qui n'excède pas deux ans, ont été discutés lors du congrès Eular de Nice (juin 2000). Les rapports concernent des séries déjà importantes : 1'700 patients pour Scott, 970 pour Dougados.

Il ressort de ces communications que le Léflunomide est, dès la 4ème semaine, plus efficace que le Methotrexate et la Sulfasalazine sur le plan de l'amélioration des capacités physiques. Le taux de réponse favorable est évalué entre 52 et 74 % selon les divers auteurs. Mais ce taux varie selon le critère utilisé : 55 % d'amélioration pour le nombre d'articulations douloureuses, 47 % pour les tuméfactions articulaires, 43 % pour les douleurs, 31 % pour ce qui est de l'appréciation globale du patient. L'effet sur les érosions ne paraît pas supérieur à celui des autres traitements « classiques ».

Environ un quart des patients sont « non-répondeurs ».

Les effets secondaires signalés sont les suivants :

  • Diarrhées

20%

  • Eruptions cutanées

10%

  • Nausées

10%

  • Alopécie (chute des cheveux) 

8%

  • Elévation des enzymes hépatiques

7%

 

En conclusion, la décision de mise en route d'un tel traitement doit être discutée avec les spécialistes qui ont déjà l'expérience de ce médicament. Dans ce cas particulier, il faut tenir compte du fait suivant : les différents travaux cités mentionnent que le taux de réponse diminue quand l'ancienneté de la maladie augmente.