Question 158

Question: 

peut-on soigner un rhumatisme polyarthrite avec des plantes?
phytothérapie homéophathie?

Réponse: 

Les rhumatologues « classiques » n’ignorent pas qu’un certain nombre de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde font appel à des méthodes « non conventionnelles » (ou méthodes « douces », « alternatives », « parallèles », « naturelles »). Une telle démarche s’explique par la sévérité de la maladie et aussi par l’impuissance relative de la médecine scientifique « classique ». Elle peut aussi s’inscrire dans une remise en question de tous les pouvoirs, dans une quête de l’irrationnel et surtout dans la crainte des effets pervers des thérapeutiques chimiques.

Pour avoir une idée plus précise sur cette question, nous avions demandé à un investigateur indépendant de conduire une étude sur 103 polyarthrites de notre propre consultation, étude respectant bien entendu l’anonymat de chaque patient.

Il résultait de cette étude que 61 % de ces patients avaient une fois ou l’autre fait appel à une ou plusieurs méthodes « non conventionnelles » en alternance ou parallèlement à des méthodes classiques de traitement. Les femmes ont plus facilement recours aux « médecines douces » que les hommes (52,4 % contre 8,7 %). La durée et la sévérité de la maladie augmentent le taux de recours à ces méthodes. Une des surprises de cette étude était la suivante : un seul patient avait eu recours à des plantes et un seul à la phytothérapie (médicaments conçus à base de plantes). 33 patients avaient recours à l’homéopathie.

Ceci étant dit, il faudrait préciser que les médicaments à base de plantes ne sont pas dépourvus d’effets secondaires (« c’est la dose qui fait le poison » disait déjà Paracelse).

Les médicaments d’origine purement végétales produisent aussi des interactions avec les médicaments de synthèse (c’est le cas par exemple du millepertuis et de l’échinacée, parfois conseillés dans cette situation). Le patient devrait donc impérativement prévenir son médecin traitant s’il prend à la fois des médicaments à base de plante et des traitements classiques.

Enfin et surtout, nous devons rappeler les mises en garde de Swissmedic : les médicaments d’origine chinoise ou tibétaine apparus sur le marché et réputés à base de plantes (et d’autres choses) contiennent des dérivés d’anti-inflammatoires et de cortisone.

Les résultats de la phytothérapie seule sont bien difficiles à apprécier car ces traitements sont souvent pris en alternance ou parallèlement à des traitements classiques.

Si le recours à cette méthode pouvait être justifié à l’époque où on ne disposait pas de traitement de fond valable (les sels d’or n’ont été utilisés que depuis 1929, le Methotrexate depuis 1951), nous estimons pour notre part qu’une maladie aussi sévère et destructrice que la polyarthrite rhumatoïde justifie la mise en route de traitements classiques dont l’activité a été scientifiquement démontrée.

Il n’y a actuellement pas de preuve scientifique de l’efficacité des médicaments à base de plantes sur l’inflammation rhumatoïde et sur la prévention des destructions articulaires.

Commentaires

Bonjour

J'ai 65 ans, polyarthritique depuis 10 ans, maladie détectée dès le début ( quelle chance) peu évolutive, je me soigne uniquement par homéopathie, et oligo-éléments, bien sûr avec en cas de crises, anti-inflammatoires peu sévères.Je pense qu'une polyarthrite importante ne pourrait  être soignée avec ce genre de traitement, mais qu'il pourrait y être adjoint , avec médecin homéopathe compréhensif.

Amitiés.