Question 16

Question: 

Mon épouse a commençé a souffrir de douleurs aux articulations en février 2000;les genoux pour commencer (les deux) puis après quelques semaines les poignets (les deux) puis les hanches ,les vertèbres cervicales.Le médecin traitant lui a prescrit des anti inflammatoires ,puis devant le maintien des douleurs l'a dirigé sur un rhumatologue qui a ordonné l'analyse de sang ,qui s'est avérée négative ;lui a changé les anti inflammatoires et lui a dit ne pouvoir rien faire tant que la maladie ne s'était pas déclarée.Sur le conseil d'un ami médecin nous avons fait établir un bilan sanguin ainsi qu'une analyse des cheveux qui ont montré certains dysfonctionnements qui auraient pu être a l'origine de la maladie.Le traitement suivi est a base surtout de sulfure et d'oligo éléments ,mais ne semble pas ,a ce jour,être le produit miracle.Les douleurs s'intensifient,particulièrement au niveau des genoux,les articulations très douloureuses le matin ,et la "mise en route" laborieuse. Ma question est la suivante : si la maladie n'est pas "officiellement" déclarée ,il y a cependant un faisceau de manifestations qui devraient permettre de démarrer un traitement ,avant que les dommages soient irréversibles,quel est votre conseil.

Réponse: 

Votre question se réfère au problème délicat du diagnostic de la maladie rhumatismale en cause. Votre médecin n'a apparemment pas pu arriver à un diagnostic de certitude puisqu'il vous a dit « qu'il ne pouvait rien faire tant que la maladie ne s'était pas déclarée ». La maladie ainsi évoquée par votre médecin est vraisemblablement une polyarthrite, dont il n'a pas eu la preuve par les examens de laboratoire (lesquels ?).

En relisant votre description, je retiens que vous nous parlez uniquement de douleurs, dans l'ordre chronologique au niveau des genoux, puis des poignets, des hanches, de la nuque. Vous ne parlez pas d'enflures, de chaleurs, de limitation fonctionnelle. Une polyarthrite peut effectivement commencer dans les suites de la ménopause, mais il me paraît peu vraisemblable qu'elle se manifeste dès la première année par des douleurs des hanches et de la nuque, il est peu vraisemblable également qu'elle atteigne de façon symétrique les grosses articulations sans toucher comme c'est l'habitude les petites articulations des mains et des pieds.

Il existe bel et bien un faisceau d'arguments cliniques qui permettent un diagnostic de polyarthrite :

  1. constatation objective d'arthrites prolongées, touchant au moins trois articulations aux régions articulaires, avec enflure, épaississement synovial, épanchement de type inflammatoire
  2. raideurs douloureuses à prédominance matinale
  3. localisation préférentielle sur les petites articulations des mains et des pieds
  4. tendance à la symétrie
  5. anémie hypochrome
  6. vitesse de sédimentation élevée.

Il faut noter que la recherche du facteur rhumatoïde dans le sang est souvent décevante : ce test se positive tardivement et une réponse négative n'exclus donc pas le diagnostic. L'analyse dont vous parlez se réfère-t-elle à la vitesse de sédimentation ou au facteur rhumatoïde ?

S'il n'y a réellement pas de constatation objective d'arthrites et si la vitesse de sédimentation est normale, il faudrait encore envisager le diagnostic de fibromyalgie.

Je répète que, en l'absence d'un diagnostic de certitude, il n'est pas possible d'entreprendre un traitement de fond d'une polyarthrite suspectée.

Je comprends tout à fait que votre médecin se limite à la prescription d'anti-inflammatoires et d'antalgiques.

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