Question 164

Question: 

Bonjour,
Je souffre depuis 6 mois environ de petites déformations sur la phalange du milieu du pouce droit ainsi que sur la phalange distale de l'index droit, qui se sont formées avec rougeur et démangeaison et petite douleur.
Depuis 1 mois, j'ai au réveil les doigts des 2 mains ankylosés et je dois les bouger pour les dérouiller, ce qui se fait en quelques minutes; quand je serre les doigts, ils sont un peu gonflés. Les articulations intermédiaires des doigts sont douloureuses à la pression mais sont sensibles de manière intermittente, par contre les articulations proximales ne semblent pas atteintes sauf celles des pouces, qui sont sensibles lorsque j'écarte les pouces. A cela se sont ajoutées une ankylose des épaules, des poignets, du cou (avec parfois des fourmillements selon la position et selon les jours), surtout le matin, qui disparait en 2 heures au maximum (mais j'ai toujours un peu du mal à enlever un pull par la tête), et des douleurs diffuses mais légères dans les aines quand je suis restée assise un moment)...C'est plus une sensation de gène et d'ankylose qu'une douleur réelle ; je me sens courbattue, durant l'heure qui suit le lever.
Je n'ai pas maigri, ne suis pas fatiguée, ai toujours le même appétit, pas fièvre...
J'ai consulté un rhumatologue qui m'a dit que je n'avais rien de grave... de l'arthrose... ce qui a été confirmé par des radios, bien que les sensations que j'ai actuellement ne ressemblent pas aux torticolis ou lombalgies habituels. J'ai également des craquements lorsque je bouge, surtout dans les épaules.
Les examens biologiques sont normaux, sauf la VS à 18 en 1ère heure et 42 en 2ème heure, créatinine normale ainsi qu'un taux d'éosinophiles de 549 (4%) alors que le maxi est 450. Les facteurs latex et waaler rose sont négatifs.
Je voudrais dire aussi que j'ai arrêté en juin 2002 un traitement progestatif (luthényl) suivi 20 jours par mois depuis 18 ans.
J'ai vu mon généraliste le 31/12/2002 qui m'a dit que j'avais une PR.
J'ai vu il y a 15 jours un autre rhumato qui m'a dit que mes symptômes n'évoquaient pas une PR.
Je dois dire aussi que j'ai pris pendant 5 jours des AINS qui n'ont pas eu d'effet donc j'ai arrêté. Je ne prends que des traitements pour l'arthrose.
Qu'en pensez-vous ? PR ? Une arthrose peut-elle être bilatérale, ankylosante le matin, changer d'articulation, résister au traitement classique ?
Je vous remercie de bien vouloir m'éclairer si vous le pouvez, et me dire votre opinion car je sais que la polyarthrite a mille masques.
Merci pour votre site qui est très bien fait et qui permet au internautes de trouver des informations claires.
Je dois refaire des examens dans deux mois et tiendrai au courant de mon évolution.
P.S. Etes-vous au courant de cette découverte publiée dans la revue américaine spécialisée "Immunity" faite par des australiens qui auraient découvert un vaccin contre la PR destiné à inverser le processus dans lequel le système immunitaire attaque ses propres tissus ? Qu'en pensez-vous, infos ou intox ?

Réponse: 

Comme vous pouvez le constater en consultant les réponses aux questions 10, 14, 20 et 96 sur le même site, le diagnostic de la polyarthrite à ses débuts est très délicat, d’où les avis médicaux divergents que vous avez recueillis.

Le problème est rendu encore plus difficile à cause de votre âge. A l’époque de la ménopause, il est un peu plus fréquent d’observer un début de polyarthrite. Mais avec les bouleversements hormonaux qui caractérisent cet âge, on observe également des phénomènes congestifs, des « enflures » apparentes ou non, qui se manifestent par des sensations de gêne, de fourmillements, d’enraidissement lors de la mise en route des articulations.

Les petits signes dégénératifs découverts sur les radiographies (en particulier à la base du pouce et sur les articulations interphalangiennes des longs doigts) sont banaux et ne préjugent pas de l’installation d’une arthrose sévère.

Sur le plan du laboratoire, l’évolution de la VS devra être surveillée. Mais il faut bien savoir que la vitesse de sédimentation n’est pas un test spécifique de la polyarthrite. C’est un test de l’inflammation, quelle qu’en soit l’origine.

La recherche du facteur rhumatoïde (latex) n’apporte pas de solution rapide, car ce test se positive souvent tardivement.

A notre avis, le diagnostic ne peut être qu’un diagnostic clinique. C’est l’observation attentive et la palpation des petites articulations périphériques qui peut seule apporter des arguments objectifs en faveur du diagnostic de polyarthrite. Dans votre cas, l’atteinte distale de l’index droit parlerait plutôt pour un début d’arthrose d’Heberden.

En attendant que le diagnostic puisse être précisé, il est raisonnable de poursuivre un traitement chondroprotecteur (c’est vraisemblablement ce que vous avez reçu) sans en attendre un succès rapide.

Les AINS peuvent être efficaces dans les deux situations, mais un traitement de 5 jours ne permet pas de tirer de conclusions.

Encore une remarque : si vous souffrez parallèlement d’un psoriasis cutané, même très discret, il faudrait envisager la possibilité d’une arthrite psoriasique, qui vise précisément les articulations inter-phalangiennes distales, au contraire de la polyarthrite rhumatoïde.

Enfin, la nouvelle du « vaccin contre la PR » ne doit pas susciter de faux espoirs. Partout, on essaye d’inverser le dérèglement immunitaire de la polyarthrite, mais le but n’est pas encore atteint. Seuls des médicaments de fond sont crédibles pour le moment.

Commentaires

Bonjour,
Ce n'est pas une question que je viens vous poser, mais je viens vous donner de mes nouvelles.
Je suis l'auteur de la lettre 164, envoyée il y a 2 ans, je crois.
Malgrè les symptômes qui ressemblaient fort à ceux de la PR, les analyses n'ont jamais confirmé le diagnostic et il semblerait que je ne sois pas atteinte de cette maladie-là pour le moment, comme vous sembliez le préconiser.
On m'a en effet diagnostiqué un thyroïdite de Hashimoto, qui en est à ses débuts, mais en m'informant, je constate que certains symptômes sont identiques et peuvent induire en erreur.
Il s'agit surtout des douleurs articulaires que j'évoquais dans ma lettre, qui ont disparu, sauf dans les mains.
J'ai toujours les mains engourdies au réveil, mais je n'ai pas besoin de dérouillage pour les mettre en route.
Cette thyroïdite est aussi une maladie auto-immune et certains symptômes sont les mêmes.
Ma mère a également un maladie auto-immune : la sarcoïdose et mon oncle a eu un diabète insullino-dépendant.
Donc terrain génétique favorable !
Je vous adresse ce courrier, afin que certaines personnes qui ont peut-être les mêmes problèmes que moi puissent trouver une solution ici.
Merci pour la qualité de votre site et pour la réponse que vous m'aviez alors apportée.