Question 25

Question: 

Ma mère souffre de PR depuis 3 ans, elle a pris plusieurs traitements, au début cela allait mieux, mais il y a un an son traitement est devenu inneficace. Depuis 1 mois sont médecin généraliste l'a mise sous CELEBREX, mais les effets secondaires sont multiples et dangereux. Elle vient d'être hospitalisée, car elle fait un infarctus du myocarde et a été sauvée de justesse.
Les médecins ne m'ont pas dit d'où cela venait mis à part le tabac (qu'elle avait arrêté depuis de nombreuses années et plusieurs dépressions depuis l'âge de 35 ans.
Que pensez-vous de ce médicament ? Merci de votre réponse.

Réponse: 

La polyarthrite rhumatoïde (PR) étant caractérisée au premier chef par l'inflammation de l'articulation, il est bien compréhensible que l'on fasse appel en première ligne aux médicaments anti-inflammatoires. Ce groupe de médicaments comprend la cortisone et ses dérivés (médicaments dits stéroïdiens) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Après l'aspirine, nettement insuffisante dans le traitement de la PR, on a pu utiliser la phénylbutazone (1953) puis l'indométacine (1966), l'ibuprofène (1975) et beaucoup d'autres. Mais tous ces anti-inflammatoires « classiques » avaient comme principal effet secondaire une intolérance digestive, allant de la simple brûlure oesophagienne à l'ulcère d'estomac et même à la perforation gastrique.

Une nouvelle classe d'anti-inflammatoires, les coxibes sont disponibles sur le marché Suisse depuis avril 1999 (célécoxibe) et mai 1999 (rofécoxibe). Avec ce type de médicaments (inhibiteurs spécifiques de la COX-2, laquelle n'est pas impliquée dans la sécrétion des prostaglandines au niveau du tube digestif), les risques d'ulcère sont très fortement diminués, les risques hémorragiques sont restreints. En revanche, les effets secondaires sur le rein sont identiques à ceux des AINS classiques.

Au congrès de Nice (juin 2000), les résultats des dernières études concernant le célécoxibe (Celebrex®) ont été rapportés :

  1. Il n'y a pas de différence d'efficacité entre le célécoxibe (2 x 200 mg/j) et le diclofénate (2 x 75 mg/j) après six mois de traitement chez des patients atteints de PR.
  2. Le pourcentage d'effets secondaires gastro-intestinaux nécessitant l'arrêt du traitement est de :

21 % avec un placebo (comprimés sans contenu chimique)

25 % avec le célécoxibe

56 % avec les AINS classiques.

  1. La survenue d'oedèmes périphériques est identique dans un groupe de patients recevant du célécoxibe et dans celui sous Diclofénac. Il en est de même pour l'incidence d'augmentation de la tension artérielle.
  2. L'étude CLASS (Celecoxib Long term Arthritis Safety Study) montre que le célécoxibe n'augmente pas le risque de problèmes cardio-vasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral) par rapport aux AINS conventionnels.

Ainsi, après plus d'un an d'utilisation à grande échelle (plus de 25 millions de prescriptions), il est prouvé que le célécoxibe est un médicament efficace et d'une grande sûreté.

Il est important de préciser que le célécoxibe (Celebrex®) reste un anti-inflammatoire. Dans le cas de la PR, il ne peut être qu'un traitement suspensif, il ne peut pas modifier le cours de la maladie. Il doit donc être associé à un traitement de fond.

Commentaires

Mon père a pris au debut de l'année du CELEBREX pour des problèmes de douleur au dos.
Si le médicament a été très efficace pour son dos, il a eu à 4 reprises des spasmes coronariens en 4 mois.
A 69 ans il n'avait jamais eu d'ennuis cardiaques et les examens cardiologiques sont normaux.
C'est par hasard et non par les médecins consultés qu'il a appris la rumeur autour du Celebrex.
Depuis qu'il a arrêté tout va mieux.