Question 32

Question: 

Bonjour,
J'ai appris en janvier de cette année que j'étais atteinte de PR. Depuis 1997, je souffrais régulièrement de douleurs dans diverses articulations (poignets, chevilles, genoux, pouces, cervicales...) que j'attribuaient à des antécédents familiaux d'arthrose. Une crise beaucoup plus forte à l'automne dernier m'a poussé à consulter une rhumatologue, et les analyse sanguines prescrites se sont révélées positives. Néanmoins elle n'a pas voulu me mettre sous traitement pour l'instant, en rapport avec mon jeune âge (30 ans), et le fait que les crises ne sont pas encore assez fréquentes !! Il est vrai qu'elles ne sont pas régulières, mais des douleurs diffusent sont pourtant présentes au quotidien ou presque.
Questions : 1) Est-ce normal de ne pas avoir encore de traitement ? 2) La PR peut-elle aussi toucher les cervicales et les lombaires ? 3) Existe-t-il des traitements homéopathiques qui peuvent freiner l'évolution de la maladie ? 4) La maladie s'accompagne-t-elle d'effets secondaires "désagréables" tels que : fatigue permanente ou par période (type coup de fatigue), craquement des articulations, ankyloses....
Je sais qu'il y a beaucoup de questions, mais je me sens assez perdue et appeurée devant cette maladie.
Merci par avance.

Réponse: 

Avant de répondre à vos questions, je voudrais apporter les remarques préliminaires suivantes :

  1. Des antécédents familiaux d'arthrose ne peuvent en aucun cas expliquer des crises douloureuses polyarticulaires apparaissant chez vous à l'âge de 27 ans.
  2. Les seules douleurs (vous ne parlez pas d'autres manifestations objectives) et surtout les douleurs diffuses et irrégulières (vous parlez de « crises ») ne suffisent pas pour poser un diagnostic de PR (voir réponses aux questions 8, 10 et 23)
  3. Si votre médecin n'a pas commencé un traitement de polyarthrite, c'est vraisemblablement parce qu'il n'avait pas un diagnostic de certitude.
  4. Vous nous parlez d'analyses sanguines « positives ». Là également, je dois dire que ni une vitesse de sédimentation élevée, ni même un test au latex positif ne suffisent à poser un diagnostic de PR. Ce diagnostic ne peut se baser que sur la conjonction d'arguments anamnestiques, cliniques, biologiques et même radiologiques.

Ainsi donc, avant de paniquer « devant cette maladie », il convient de remettre en question le diagnostic, sur la base des critères classiques.

Les réponses à vos questions ne sont valables que pour un diagnostic certain de PR.

  1. Votre jeune âge ne doit pas influer sur la décision thérapeutique. Actuellement, tous les rhumatologues s'accordent pour dire que le traitement doit être introduit précocément (mais pas avant le diagnostic !), et cela d'autant plus que nous disposons de nouveaux traitements plus efficaces que les anciens.
  2. L'arthrite chronique juvénile (début à l'enfance et à l'adolescence) « vise » particulièrement la colonne cervicale. Par contre, la PR commençant à l'âge adulte ne fait pas de manifestations cervicales avant de longues années d'évolution. La colonne lombaire n'est pas concernée par cette maladie.
  3. En tant que « rhumatologue classique », nous estimons que les traitements homéopathiques à eux seuls sont impuissants pour freiner l'évolution. Par contre, nous savons que certains homéopathes prescrivent en association avec les traitements de fond classiques le rhus toxicodendron et les oligo-éléments.
  4. La PR s'accompagne habituellement d'un état de fatigue, mais cette fatigue est tout aussi typique de la polyinsertionite par exemple. Les craquements et les ankyloses ne sont présents qu'après une très longue évolution de la PR.

Il nous reste à espérer pour vous qu'on puisse trouver un autre diagnostic que celui de la PR.

Theme: