Question 34

Question: 

DEPUIS 1986 JE SOUFFRE DE DOULEURS MUSCULAIRES ET ARTICULAIRES DIVERSES ET VARIEES INTERVENANT PAR CRISES DE PLUS EN PLUS FREQUENTES.LEGERE FIEVRE AU REVEIL,FOURMILLEMENT ET/OU ENDORMISSEMENT DES BRAS ET DES MAINS ACCOMPAGNES DE DOULEURS ME REVEILLANT LA NUIT OU M'INTERDISANT PAR EXEMPLE DE GARDER UN TELEPHONE DANS LA MEME MAIN DURANT UNE COMMUNICATION,FATIGUE DEVENANT DE PLUS EN PLUS CHRONIQUE.
J4AI DU ETRE HOSPITALISEE IL Y A 3 ANS POUR BAISSE DE TENTION ARTERIELLE <= A 8 DURANT PLUS DE TROIS MOIS ET ANEMIE PERSISTANTE.
SUITE A UN DEPISTAGE DE TEST AU LATEX POSITIF,JE VIENT DE FAIRE DES ANALYSES ADN NATIF,ANTICORPS ANTI-NOYAU ET ANTI KERATINE QUI SONT TOUS NEGATIFS.
LES RADIOS NE MONTRENT PAS DE SIGNES DE PR,UNIQUEMENT DES ARTHROSES CERVICALES ET LOMBAIRES.
CELA N'EMPECHE PAS QUE JE SOUFFRE DE TOUS MES MUSCLES ET ARTICULATIONS, SURTOUT SI JE FAIT UN EFFORT(LOISIR OU MENAGER)
QUE MA TESION ERSTE BASSE AU REVEIL.(IL ME FAUT BIEN 2 HEURES POUR DEMARRER LA JOURNEE)ET MON SOMMEIL N'EST PAS REPARATEUR.
LE MEDECIN SUSPECTE UNE FIBROMYALGIE PLUS QU'UNE PR.
MA GRAND MERE ETAIT EN INVALIDITE POUR PR A 50 ANS ET MA MERE POUR PR AUSSI A 52 ANS.
J'AIMERAI SAVOIR OU M'ADRESSER POUR CONNAITRE UN DAIGNOSTIC FIABLE AFIN DE POUVOIR AGIR AVANT D'ETRE INVALIDE.
LA FR ET LA FIBROMYALGIE SONT ELLES RECONNUES COMME MALADIES INVALIDANTE PAR LA SECURITE SOCIALE AUJOURD'HUI?
MERCI DE VOTRE REPONSE CAR TOUTES CES INCERTITUDES FINISSENT PAR AGIR SUR MON MORAL.

Réponse: 

La polyarthrite rhumatoïde est à l'ordre du jour en France. J'en veux pour preuve le fait que le 21 avril 2001 s'est tenue au Sénat une journée d'information sur la PR, organisée par l'Association française des polyarthritiques., en même temps que toute une série de manifestations sur l'ensemble du territoire (voir Le Monde du 29.4.01).

Cette information très médiatisée avait comme premier objectif de renseigner les malades sur l'arrivée de nouveaux médicaments très efficaces. Mais à l'inverse, elle peut inquiéter des patients souffrant de douleurs de l'appareil locomoteur, chez lesquels le diagnostic de polyarthrite n'est pas, ou pas encore posé. Cette inquiétude est d'autant plus compréhensible que cette maladie est fréquente (de l'ordre de 1% dans votre pays) et que cette fréquence est un peu plus élevée dans les familles qui comptent un ou deux cas de cette affection.

Le diagnostic est difficile, car il faut dire d'emblée qu'il n'existe pas de test pathognomonique : le facteur rhumatoïde ne peut pas servir de preuve car un certain nombre de personnes (variable avec l'âge) ont un test positif sans jamais révéler cette maladie.

Ce pourcentage du facteur rhumatoïde positif (il faudrait encore savoir à quel taux de positivité) est connu pour être plus élevé dans les familles comportant un cas de PR¨ !

Les symptômes de début de la maladie ne sont pas suffisamment caractéristiques pour permettre un diagnostic de certitude (voir réponse à la question 23 sur le même site).

Dans votre cas, les symptômes que vous annoncez remontent à 15 ans, soit à l'âge de 29 ans. Il serait tout à fait exceptionnel qu'une polyarthrite rhumatoïde ait pu évoluer sur une si longue période sans arriver à des preuves définitives (constatation objective d'un épaississement de la membrane synoviale, épanchement articulaire se révélant à la ponction être d'origine inflammatoire, raideur matinale de plus d'une heure, érosions osseuses à la radiographie, etc, etc.). L'élévation prolongée de la vitesse de sédimentation et de la C-Réactive Protéine est également un argument pour la PR.

Les douleurs, que vous localisez vous-même aux articulations et aux muscles, que vous qualifiez de diverses et variées, les sensations d'endormissement des bras et des mains, les insomnies, la fatigue chronique et, comme je le disais plus haut, la longue durée d'évolution m'orientent bien plus vers le diagnostic de fibromyalgie que vers celui de PR.

Dans cette situation d'incertitude, je comprends votre désir d'arriver à un diagnostic de certitude.

Je vous conseillerai, après en avoir parlé à votre médecin traitant, de vous soumettre à une évaluation rhumatologique spécialisée, si possible dans un service universitaire de rhumatologie. Il ne faut en tout cas pas vous laisser tenté par les médicaments nouveaux dont on a parlé le 21 avril alors que le diagnostic de PR n'a pas été définitivement posé.

Après cette étape diagnostique, vous pourrez vous poser la question de l'invalidité éventuelle : ce n'est pas tel ou tel diagnostic (PR ou fibromyalgie ) qui décide de l'invalidité, mais bien l'état objectif, médicalement évalué !

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