Question 93

Question: 

Je suis en ce moment sur le methotrexate(10mg/une fois la semaine)et le Speciafoldene et 10mg de cortisone.En même temps que ma poly arthrite,j'ai eu une sévère inflammation au colon et prend maintenant l'equivalent du PENTASA(ASACOL 400 mg- 8 par jour).L'inflammation du colon peut-elle être liée avec la polyarthrite et suivant ce traitement,après combien de temps approximativement les douleurs commençent à diminuer car en ce moment je sens comme une brulure à gauche et à droite sous mon ventre.
Autre question,avec le traitement à base de methotrexate,peut-on consommer de l'alcool?
En vous remerciant de vos réponses.
Salutations.

Réponse: 

Il est certain qu'il peut exister une corrélation entre les maladies inflammatoires de l'intestin et les inflammations articulaires.

  1. La rectocolite ulcéro-hémorragique (RCUH) se complique dans environ 10 % des cas d'une mono-ou oligo-arthrite asymétrique des grosses articulations, atteignant avec prédilection les genoux et les chevilles, parfois aussi les coudes, les poignets et les articulations des doigts. L'inflammation articulaire évolue souvent parallèlement à l'activité de l'affection digestive, elle est discontinue mais peut récidiver. Environ 15 % des malades atteints de RCUH ont des signes radiologiques d'une arthrite sacro-iliaque et 6 % une spondylarthrite ankylosante. Ce « rhumatisme colitique » peut être accompagné également d'un érythème noueux (nodules sous cutanés inflammatoires et douloureux au niveau des jambes).
  2. La maladie de Crohn ou entérite régionale peut s'accompagner de manifestations articulaires identiques, et dans une proportion analogue.
  3. La maladie de Whipple (jéjunite chronique avec malabsorption) est très souvent précédée d'arthrites aiguës récidivantes, évoluant parfois vers un tableau de polyarthrite chronique séronégative.

Ces affections intestinales peuvent être différenciées par leurs manifestations, leurs localisations, mais surtout par l'image endoscopique et la biopsie.

Sur le plan thérapeutique, il est intéressant de souligner que la cortisone agit à la fois sur l'inflammation intestinale et l'inflammation articulaire. L'Asacol® (mésalazine), que vous prenez à forte dose est un traitement de la colite, alors qu'un médicament très proche, la Salazopyrine ® (sulfasalazine) est recommandé à la fois comme traitement de fond de la polyarthrite et comme traitement de la colite. Enfin, et pour confirmer les relations étroites entre les deux types de manifestations, nous signalons que les agents anti-TNF alpha sont en passe de révolutionner aussi bien le traitement de la polyarthrite que celui de la RCUH (et peut-être de la maladie de Crohn).

Dans votre cas particulier, il serait donc de la plus haute importance de préciser le diagnostic étiologique de la colite (RCUH ou Crohn) et le type d'atteinte articulaire (oligo-arthrite asymétrique en général séronégative, ou polyarthrite rhumatoïde classique, symétrique et souvent séropositive). Ces précisions permettraient de préciser le pronostic et peut-être de recentrer le traitement si le plan thérapeutique actuel n'a pas donné de résultats démontrables.

Pour répondre à votre question concernant le Methotrexate, je dirai que ce médicament peut à forte dose (ce qui n'est pas votre cas) provoquer une augmentation des enzymes hépatiques. C'est la raison pour laquelle il est habituel de déconseiller l'adjonction d'une autre substance hépatoxique comme l'alcool.

COMPLEMENT

Dans la réponse à la question 93, j’avais précisé les caractéristiques des différentes affections pouvant se manifester par une inflammation du colon. La précision du diagnostic passe obligatoirement par une endoscopie (colonoscopie) avec biopsie de la muqueuse.

Dans votre nouveau message, vous nous parlez de rectocolite. Ce diagnostic a-t-il été confirmé par l’examen mentionné ci-dessus ? Quoi qu’il en soit, il n’est pas inhabituel que l’inflammation de la muqueuse (qui est responsable de vos douleurs) soit rebelle. Peut-être faudrait-il revoir le traitement (médicaments par voie buccale, que vous prenez déjà, et si nécessaire par voie locale).

Lorsqu’il existe une inflammation chronique du gros intestin, on donne en général des indications diététiques : l’essentiel est de diminuer voire de supprimer les aliments susceptibles de laisser des résidus fibreux qui irritent cette muqueuse fragile. Il vous faut expliquer à votre médecin traitant vos habitudes alimentaires et les modifier en conséquence, avec ses conseils.

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