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Polyarthrite
Question 164
Uncategorized Julien / septembre 3, 2021

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 QUESTION 164

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Bonjour,
Je souffre depuis 6 mois environ de petites déformations sur la
phalange du milieu du pouce droit ainsi que sur la phalange distale de l’index
droit, qui se sont formées avec rougeur et démangeaison et petite
douleur.
Depuis 1 mois, j’ai au réveil les doigts des 2 mains ankylosés et je
dois les bouger pour les dérouiller, ce qui se fait en quelques minutes; quand
je serre les doigts, ils sont un peu gonflés. Les articulations intermédiaires
des doigts sont douloureuses à la pression mais sont sensibles de manière
intermittente, par contre les articulations proximales ne semblent pas atteintes
sauf celles des pouces, qui sont sensibles lorsque j’écarte les pouces. A cela
se sont ajoutées une ankylose des épaules, des poignets, du cou (avec parfois
des fourmillements selon la position et selon les jours), surtout le matin, qui
disparait en 2 heures au maximum (mais j’ai toujours un peu du mal à enlever un
pull par la tête), et des douleurs diffuses mais légères dans les aines quand je
suis restée assise un moment)…C’est plus une sensation de gène et d’ankylose
qu’une douleur réelle ; je me sens courbattue, durant l’heure qui suit le
lever.
Je n’ai pas maigri, ne suis pas fatiguée, ai toujours le même appétit,
pas fièvre…
J’ai consulté un rhumatologue qui m’a dit que je n’avais rien
de grave… de l’arthrose… ce qui a été confirmé par des radios, bien que les
sensations que j’ai actuellement ne ressemblent pas aux torticolis ou lombalgies
habituels. J’ai également des craquements lorsque je bouge, surtout dans les
épaules.
Les examens biologiques sont normaux, sauf la VS à 18 en 1ère heure
et 42 en 2ème heure, créatinine normale ainsi qu’un taux d’éosinophiles de 549
(4%) alors que le maxi est 450. Les facteurs latex et waaler rose sont
négatifs.
Je voudrais dire aussi que j’ai arrêté en juin 2002 un traitement
progestatif (luthényl) suivi 20 jours par mois depuis 18 ans.
J’ai vu mon
généraliste le 31/12/2002 qui m’a dit que j’avais une PR.
J’ai vu il y a 15
jours un autre rhumato qui m’a dit que mes symptômes n’évoquaient pas une
PR.
Je dois dire aussi que j’ai pris pendant 5 jours des AINS qui n’ont pas
eu d’effet donc j’ai arrêté. Je ne prends que des traitements pour
l’arthrose.
Qu’en pensez-vous ? PR ? Une arthrose peut-elle être bilatérale,
ankylosante le matin, changer d’articulation, résister au traitement classique ?

Je vous remercie de bien vouloir m’éclairer si vous le pouvez, et me dire
votre opinion car je sais que la polyarthrite a mille masques.
Merci pour
votre site qui est très bien fait et qui permet au internautes de trouver des
informations claires.
Je dois refaire des examens dans deux mois et tiendrai
au courant de mon évolution.
P.S. Etes-vous au courant de cette découverte
publiée dans la revue américaine spécialisée « Immunity » faite par des
australiens qui auraient découvert un vaccin contre la PR destiné à inverser le
processus dans lequel le système immunitaire attaque ses propres tissus ? Qu’en
pensez-vous, infos ou intox ?

 


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Comme vous pouvez le constater en
consultant les réponses aux questions 10, 14, 20 et 96 sur le même site, le
diagnostic de la polyarthrite à ses débuts est très
délicat, d’où les
avis médicaux divergents que vous avez recueillis
.

Le problème est rendu encore plus
difficile à cause de votre âge. A l’époque de la ménopause, il est un peu plus
fréquent d’observer un début de polyarthrite. Mais avec les bouleversements
hormonaux qui caractérisent cet âge, on observe également des phénomènes
congestifs, des « enflures » apparentes ou non, qui se manifestent
par des sensations de gêne, de fourmillements, d’enraidissement lors de la mise
en route des articulations.

Les petits signes dégénératifs
découverts sur les radiographies (en particulier à la base du pouce et sur les
articulations interphalangiennes des longs doigts) sont banaux et ne préjugent
pas de l’installation d’une arthrose sévère.

Sur le plan du laboratoire,
l’évolution de la VS devra être surveillée. Mais il faut bien savoir que la
vitesse
de sédimentation n’est pas un test spécifique de la polyarthrite.
C’est un test de l’inflammation, quelle qu’en soit l’origine.

La recherche du facteur
rhumatoïde (latex) n’apporte pas de solution rapide, car ce test se positive
souvent tardivement.

A notre avis, le diagnostic ne
peut être qu’un
diagnostic clinique. C’est l’observation attentive et la
palpation des petites articulations périphériques qui peut seule apporter des
arguments objectifs en faveur du diagnostic de polyarthrite. Dans votre cas,
l’atteinte
distale de l’index droit parlerait plutôt pour un début
d’arthrose d’Heberden.

En attendant que le diagnostic
puisse être précisé, il est raisonnable de poursuivre un traitement
chondroprotecteur (c’est vraisemblablement ce que vous avez reçu)
sans en
attendre un succès rapide
.

Les AINS peuvent être efficaces
dans les deux situations, mais un traitement de 5 jours ne permet pas de tirer
de conclusions.

Encore une remarque : si
vous souffrez parallèlement d’un psoriasis cutané, même très discret, il
faudrait envisager la possibilité d’une
arthrite psoriasique, qui vise
précisément les articulations inter-phalangiennes
distales, au contraire
de la polyarthrite rhumatoïde.

Enfin, la nouvelle du « vaccin contre la
PR » ne doit pas susciter de faux espoirs. Partout, on essaye d’inverser
le dérèglement immunitaire de la polyarthrite, mais le but n’est pas encore
atteint. Seuls des médicaments de fond sont crédibles pour le moment.

 Votre
témoignage

Bonjour,
Ce n’est pas une question que je viens vous poser, mais je viens
vous donner de mes nouvelles.
Je suis l’auteur de la lettre 164, envoyée il y
a 2 ans, je crois.
Malgrè les symptômes qui ressemblaient fort à ceux de la
PR, les analyses n’ont jamais confirmé le diagnostic et il semblerait que je
ne sois pas atteinte de cette maladie-là pour le moment, comme vous sembliez le
préconiser.
On m’a en effet diagnostiqué un thyroïdite de Hashimoto, qui en
est à ses débuts, mais en m’informant, je constate que certains symptômes sont
identiques et peuvent induire en erreur.
Il s’agit surtout des douleurs
articulaires que j’évoquais dans ma lettre, qui ont disparu, sauf dans les
mains.
J’ai toujours les mains engourdies au réveil, mais je n’ai pas besoin
de dérouillage pour les mettre en route.
Cette thyroïdite est aussi une
maladie auto-immune et certains symptômes sont les mêmes.
Ma mère a également
un maladie auto-immune : la sarcoïdose et mon oncle a eu un diabète
insullino-dépendant.
Donc terrain génétique favorable !
Je vous adresse ce
courrier, afin que certaines personnes qui ont peut-être les mêmes problèmes que
moi puissent trouver une solution ici.
Merci pour la qualité de votre site et
pour la réponse que vous m’aviez alors apportée.

 

 

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