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Polyarthrite
Question 71 | GVP
Uncategorized Julien / septembre 3, 2021

Question 71

Question: 

Mon père est atteint par cette maladie depuis 1 an et demi. Je me renseigne pour lui car il est inquiet. Il prend un traitement depuis plus de un an et ne voit pas de changement. Il a 69 ans. Son traitement est a base de cortisone. Son médecin lui a prescrit ce traitement en lui disant de reduire la dose petit a petit, ce qu’il a fait mais la douleur s’accentue. Pouvez vous me donner des conseils, ou des adresses de specialistes. Par avance Merci.

Réponse: 

La première chose est de savoir si le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde posé chez votre père est un diagnostic de certitude (corrélation entre les données de l’examen clinique, de la radiologie et du laboratoire) ou seulement un diagnostic d’attente.

S’il s’agit d’un diagnostic de certitude, je pense qu’il ne faut pas se limiter à la seule administration de cortisone. En effet, la cortisone n’est qu’un traitement suspensif de l’inflammation : elle est certes efficace à dose suffisante, mais les symptômes de la maladie vont réapparaître lorsqu’on diminue la dose, et bien entendu lorsqu’on arrête le médicament. La règle est d’associer le traitement anti-inflammatoire (cortisone ou anti-inflammatoires non stéroïdiens), d’effet rapide à un traitement dit de fond, qui agira seulement après un certain délai, mais qui a l’ambition de traiter la maladie elle-même et non pas seulement une de ses conséquences, l’inflammation articulaire.

Parmi les traitements de fond « classiques », c’est actuellement le Methotrexate (Novatrex® en France) qui donne les meilleurs résultats. Il faut savoir que, si ce médicament ne donne pas de résultats satisfaisants en quelques mois, on a en réserve, depuis quelques années, une gamme de produits nouveaux, mais qui ne s’administrent qu’en seconde intention, pour les cas qui ont résisté au Methotrexate (voir réponses aux questions 11, 29, 50 et 62 sur le même site).

Dans l’ignorance de votre lieu de domicile, il ne nous est pas possible de vous donner des adresses de spécialistes. Il nous paraît tout à fait judicieux que vous consultiez un spécialiste en rhumatologie, d’une part pour confirmer le diagnostic et d’autre part pour établir le plan thérapeutique.

Si vous n’avez pas de spécialiste dans votre ville, je vous suggère de consulter une fois le service de rhumatologie du CHU le plus proche : le spécialiste hospitalier pourrait alors collaborer avec votre médecin-traitant.

Complément

La pseudo-polyarthrite rhizomélique est tout à fait différente de la polyarthrite rhumatoïde, aussi bien sur le plan des manifestations cliniques que sur celui du traitement et du pronostic (pour plus de détails, voir la réponse à la question 44 sur le même site).

Dans le cas de votre père, il s’agit de savoir si cette maladie se manifeste chez lui uniquement au niveau des muscles et des articulations (nuque, épaules et hanches) ou s’il présente aussi des manifestations d’artérite temporale (maux de tête violents, éventuellement tuméfaction douloureuse de l’artère temporale et troubles visuels).

Dans la pseudo-polyarthrite rhizomélique isolée, la cortisone est le meilleur traitement. Une dose modérée d’environ 15 mg de prednisone (ou d’équivalent) par jour permet d’obtenir une réponse rapide (dans les 48 heures le plus souvent). La dose peut ensuite être réduite en se fiant d’une part aux douleurs ressenties par le patient et d’autre part à la régression de la vitesse de sédimentation, habituellement très élevée au départ. La régression de la dose doit être très lente, ce qui permet d’atteindre une « dose de croisière » entre 5 et 7,5 mg par jour.

Cette dose devra être maintenue sans interruption pendant une année au moins (et parfois plus). Il faut préciser qu’à cette dose on n’observe pas d’effets secondaires désagréables, effets secondaires qui ont donné une mauvaise réputation à la cortisone. D’ailleurs, les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont inefficaces dans cette situation et il n’y a pas d’alternative.

Par contre, lorsqu’il y a des signes d’artérite temporale, il faut recourir à des doses beaucoup plus fortes (de l’ordre de 60 mg par jour), éventuellement en association dans certains cas avec le Methotrexate (Novatrex®).

Si le diagnostic de départ est correct, la pseudo-polyarthrite rhizomélique a un bon pronostic. Pour plus de sécurité en ce qui concerne le diagnostic vous pouvez consulter un spécialiste en rhumatologie. Vous en trouverez certainement à Bayonne ou à Biarritz.

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