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Polyarthrite
J’ai été relais pour la flamme olympique
Uncategorized Julien / septembre 3, 2021

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J’ai
construit un ULM

Besoin d’évasion? Soif d’idéal? Bien sûr mais également
réalisation d’un vieux rêve de gosse ! A l’âge de huit ans j’ai quitté
la vue plongeante sur la gare de
triage de Renens pour venir habiter à proximité du terrain d’aviation de la
Blécherette sur les hauts de Lausanne.

Toutes les
activités de l’aviation sportive y étaient réunies : aviation légère, vol
acrobatique, planeurs, et parfois parachutisme. Avec les folles acrobaties du
vieux Focker biplan piloté par le boulanger Thomas exécutées à l’heure du
souper, il était impossible à mes parents de garder mon frère et moi sagement à
table…

Aujourd’hui
je me suis construit un monoplan à ailes basses en aluminium aussi jaune que
celui de Thomas et j’en suis très heureux, même si je ne pourrai jamais
prétendre faire les mêmes acrobaties que lui.

Il m’aura fallu deux ans
pour choisir le type de machine, le type de construction, deux ans et demi pour
la construction (2’200 heures sans compter les heures de réflexion), six mois
pour construire un hangar avec un copain, et le rêve est là, bien réel, tel que
je l’avais imaginé depuis longtemps.

Bien
sûr que j’aurais très bien pu, par facilité, acheter un ULM tout fait, neuf ou
d’occasion. Mais je tenais absolument
  à
me rendre compte par moi-même de la résistance mécanique de l’engin et c’est
pourquoi j’ai tenu à en construire un afin, plus tard, bien respecter le
domaine d’utilisation fixé par le concepteur

Curieusement
il m’a fallu attendre le troisième vol pour que je puisse toucher au bonheur du
vol par la maîtrise complète de cette machine dans toutes ses phases de vol, le
temps aussi de me libérer des tracas des dernières retouches et réglages
demandés par mon pilote d’essai.

Pour en
revenir aux motivations, je peux encore préciser d’où je les ai puisées.

Je suis
ingénieur mécanicien de formation et j’ai dû, pour des raisons conjoncturelles
totalement indépendantes de ma volonté, changer plusieurs fois d’employeur
durant ma carrière : sept fois en tout ! Si j’ai toujours pu vivre de
mes activités professionnelles, celles-ci n’ont pas toujours satisfait mon
appétit, ma soif d’imagination, de conception et conduite de projet.

Par contre
l’avantage que j’ai pu tirer de toutes ces activités est qu’à un moment donné
je me suis senti prêt pour me lancer dans l’aventure de la construction d’un
avion.

Chaque
changement professionnel a exigé beaucoup de moi pour me mettre à niveau. Ainsi
durant sept années consécutives j’ai dû très régulièrement travailler septante
heures par semaine !… Et ceci plusieurs fois pour rien, pas même un
début de 13
ème salaire ! Alors un jour j’ai dit stop, ça suffit
bien ! Septante heures ok j’ai la capacité pour les faire, mais dorénavant
il y en aura vingt qui me reviendront. Je ne vais donc pas attendre
« sagement » la retraite pour me lancer dans l’aviation ; c’est
maintenant, à cinquante ans que je dois m’y mettre, accumuler de l’expérience
pour pouvoir, à l’âge de la retraite, en profiter pleinement.

Afin de ne
pas trop déstabiliser ma vie de famille, voire la mettre en péril, j’ai
commencé par vendre mon idée à ma femme et mes enfants, puis je me suis
organisé pour faire un maximum de travaux à proximité immédiate de mon
domicile, à savoir dans mon garage, vis-à-vis de chez moi. Ainsi, lorsque ma
famille avait besoin de moi, ou si j’avais besoin d’un coup de main, nous
n’étions pas trop éloignés les uns des autres.

Le fait
également que j’exerce mon activité professionnelle chez moi m’a permis de
dégager une assez grande disponibilité pour réaliser mon projet. Par exemple,
entre midi et 13 heures 30 j’avais le temps de mettre les salopettes durant une
heure pour travailler dans mon garage : les temps de trajet jusqu’à mon
travail m’appartiennent ! Auparavant j’en faisais cadeau à mon patron…

Quant à ma
soif d’idéal, elle s’inscrit dans la logique de ma soif de vivre et
d’apprendre. Après avoir couru la montage, le lac et la mer à la voile, il
était logique pour moi de découvrir la 3
ème dimension et d’aller me
mesurer aux forces impalpables du vent et autres forces de l’atmosphère, avec
le même plaisir que j’ai découvert la montagne et sur l’eau.

De par mon
régime draconien suivi scrupuleusement avec succès depuis quinze ans, je pense
avoir prouvé depuis longtemps ma soif de vivre en bonne santé. Aujourd’hui je
suis très fier de l’absence quasi totale de déformation articulaire et j’ai
tenu à tirer moi-même, à la main, les 10’000 rivets nécessaires à l’assemblage
de mon avion. De fait j’ai plus souffert des ébavurages (au moins 40’000) et
des petits bobos du style perçage des doigts.

Ma bonne
santé actuelle m’a conforté dans le choix de me lancer maintenant dans cette
entreprise lourde il faut le dire, plutôt qu’à l’âge de la retraite.

Cette
construction s’inscrit également dans mon processus de guérison de la
polyarthrite.

A force de
parler de mon régime particulier, on risque bien d’oublier l’important travail
que j’effectue sur mon mental, l’écoute de ses aspirations, sa soif de bonheur.
Ce projet intervient donc comme mesure thérapeutique au niveau mental. Pour moi
c’est l’application simple de la maxime « un esprit sain dans un corps
sain » et surtout de sa réciproque : pour prétendre avoir un corps
sain, l’esprit doit l’être aussi. Pour que mon esprit soit sain il est
important que je puisse entreprendre quelque chose pour moi et non pas toujours
pour un patron « presse-citron » qui vous jette après m’avoir
sucé jusqu’à la moelle. Mon projet s’inscrit également en contrepoint au
souffle de sinistrose distillé à longueur d’année faite par les médias.

Je précise
encore qu’il est parfaitement clair pour moi que mon ULM n’est pas un
aboutissement : ce n’est qu’un moyen d’exploration que je me suis forgé
afin de me permettre de me rendre compte par moi-même si le monde est vraiment
aussi moche que nous le rabâche les médias. Cet ULM va également m’ouvrir
d’autres portes de connaissances à commencer par la rencontre de ceux qui
pratiquent ce sport, une motivation supplémentaire d’apprendre l’anglais devenu
indispensable pour mon travail et pour sortir des frontières de l’Hexagone avec
mon ULM et m’ouvrir les portes du voyage au long cours. Ce sera aussi
l’attention portée aux autres, et à leurs besoins particuliers. Si, un jour, je
peux satisfaire l’une de ces demandes particulières ou porter assistance à
d’autres pratiquants d’aviation, mon effort n’aura pas été vain.

Sachez
enfin que le bonheur existe ! Si si je vous jure : je l’ai souvent
rencontré seul à seul dans mon garage, entre deux galères. Maintenant que j’ai
changé d’histoire, que le pilote a remplacé le constructeur, je serai très
attentif à le rencontrer aussi souvent que possible en appliquant avec rigueur
tout ce que j’ai appris pour devenir un vieux pilote respectueux d’Eole et ses
caprices.

Du même auteur :
« A 36 ans j’ai dis non à ça : la polyarthrite subie, apprivoisée,
source d’épanouissement » disponible en contactant directement l’auteur
Olivier Pellet à La
Conversion, tél. 021 791 38 34.


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