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Polyarthrite
Question 708
Uncategorized Julien / septembre 3, 2021

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Cela fait environ 3 mois que je souffre au niveau des articulations des mains et
des pieds (gonflements, rougeurs et douleurs atroces.); puis extrême
fatigue. Mon médecin m’a donc envoyé chez un rhumatologue qui m’a préscrit énormément
d’examens sanguins ainsi que des radios des mains, pieds, et poignets. Au final,
les radios sont normales; les anticorps anti nucléaires sont à 320, les anticorps
anti peptides citrullinés sont négatifs, le waaler-rose et le test au latex sont
négatifs, la PRC est à 50 mg/l, la VS est de 30 mm puis 57 mm. J’ai une
hypoalbuminémie et une augmentation des Alpha 1 et 2. Pour tout ce qui est
Hépatite C, antigène HBs, et TSH; les résultats sont négatifs. Par contre, pour ce
qui est du Parvovirus B19: les anticorps IgG sont de 5,8 et les Igm
négatifs. Comme traitement, j’ai eu droit à des anti-inflammatoires qui ont aucun
effet; puis maintenant, je suis sous cortisone. Si ce traitement ne me fait rien
mon rhumatologue veut m’envoyer à l’hôpital. Il m’a parlé de polyarhrite virale à
cause du Parvovirus. Par contre, j’aimerais savoir si cela peut être un début de
polyarthrite, malgré que les anticorps anti peptides citrullinés soient
négatifs. Et aussi; est-ce possible que cela soit autre chose ? Merci de me
répondre car cela m’angoisse beaucoup.

 


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Parlons tout d’abord de cette possibilité de « polyarthrite virale à parvovirus ».

Sur ce site, nous avons exposé dans la réponse  241 le problème général des arthrites à  virus dans les pays tropicaux, puis dans les
réponses
389 et 598 le problème plus
précis
des arthrites à parvovirus dans nos régions. Il faut savoir que ce
virus, responsable chez l’enfant de la cinquième maladie (proche de la rougeole
t de la rubéole) peut se manifester chez l’adulte sous la forme de symptômes
généraux, avec fièvre, symptômes grippaux, éventuellement éruptions cutanées,
arthralgies (douleurs articulaires). Ces manifestations ne durent pas plus de
quelques semaines. Il y a peu ou pas de signes inflammatoires et les tests de
l’inflammation sont habituellement négatifs. Il est bien difficile d’affirmer
la responsabilité du parvovirus car les anticorps IgG sont présents dans près
d’un tiers des contrôles faits chez l’adulte. Les anticorps IgM, qui seuls
peuvent attester d’une maladie actuelle, sont négatifs dans votre cas.

Les réponses consacrées aux difficultés du diagnostic précoce de la polyarthrite rhumatoïde sont très nombreuses en
raison même de la fréquence de cette maladie, par rapport à la rareté de l’arthrite
à parvovirus.

Dans votre cas particulier, nous relevons d’abord la durée de votre affection : ces
trois mois dépassent la durée admise pour une arthrite à parvovirus. Vous
décrivez la localisation des douleurs aux quatre extrémités, de façon symétrique.
Vous parlez de gonflements, de rougeurs et de douleurs atroces. Dans la
polyarthrite, on constate effectivement des tuméfactions, plus rarement des
rougeurs, qui prédominent au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes
II et III (soit à la base de l’index et du majeur), mais qui peuvent aussi
toucher les autres métacarpo-phalangiennes et les interphalangiennes
proximales. Les articulations terminales (proches des ongles) sont
habituellement respectées.

Ces douleurs suivent un horaire particulier, avec un maximum
nocturne-matinal
et un déclanchement caractéristique lors du serrement de main. On note également
une nette diminution de la force de préhension. En plus, le médecin peut mettre
en évidence des signes cliniques caractéristiques :
synovite articulaire (épaississement de l’enveloppe synoviale de
l’articulation, avec ou sans épanchement liquidien),
ténosynovite  (épaississement
de la membrane qui enveloppe les tendons). A ce stade, il n’y a pas de
déformation ou de désaxation. Tous ces signes relevés à l’examen clinique ont
plus de valeur diagnostique que les examens de laboratoire, qui ne se
positivent souvent que tardivement.

Parlons précisément du laboratoire. Vous avez des signes évidents d’une composante inflammatoire,
avec une VS en hausse et une CRP également élevée. Les tests dits
spécifiques de la polyarthrite sont tous négatifs, mais ce fait ne peut pas être interprété comme une exclusion du
diagnostic de polyarthrite rhumatoïde
.

Alors, comment s’en sortir ? On a fait appel à la
radiologie, mais
les lésions initiales
de cette maladie ne sont pas accessibles
à la radiographie classique
, qui met en évidence essentiellement les
résorptions osseuses. Si l’on veut arriver à un diagnostic de certitude, nous
pensons qu’il faut faire appel à un
examen
IRM
des mains  (éventuellement à un
examen ultrasonographique, d’interprétation peut-être plus délicate).

Quoi qu’il en soit, le traitement de cortisone que vous
suivez actuellement est un traitement dit suspensif. Il vous a été donné pour
contrer vos douleurs importantes, mais il n’est pas un traitement de fond de
cette maladie.

Nous restons à votre
disposition.

 

Suite à mes questions concernant mes polyarthralgies; on m’a fait toute une
batterie d’examens car les douleurs et la fatigue devenaient de pire en
pire .
Aujourd’hui n’en pouvant plus d’attendre les résultats; j’ai téléphoné à
l’hôpital où l’on m’a annoncé que j’avais une polyarthrite non étiquetée.
Pouvez-vous me dire ce que cela veut dire et si c’est ça a la même
importance que la polyarthrite rhumatoïde.
Est-elle non étiquetée parce que cela ne fait que 4mois que je ressens
les douleurs et qu’elle est débutante?
Je vous remercie pour votre réponse; vous m’êtes d’un grand
secours!!!
Marlène.

Après avoir lu votre second message,
nous comprenons
votre impatience.

Permettez-nous cette mise au point.
Lors de votre premier message, daté du 2 juin, vous précisiez que ces
douleurs atroces et symétriques des mains
et des pieds
, accompagnées d’enflures
et de
rougeurs, dataient déjà de
trois mois. Actuellement, les
six mois
sont donc
dépassés. D’autre part
vous commencez votre message en parlant de
polyarthralgies,
ce qui signifie seulement « douleurs de plusieurs (ou de nombreuses)
articulations ». Or, la description d’enflures et de douleurs, liée à une
augmentation très nette de la vitesse de sédimentation et de la CRP, nous
oblige à admettre le diagnostic de
polyarthrite,
qui signifie « inflammation de plusieurs articulations ».

La localisation symétrique aux
articulations des quatre extrémités, l’âge et le sexe, la grande fatigue aussi,
sont évocateurs de la forme la plus fréquente, connue sous le nom de
polyarthrite rhumatoïde. Pour les
rhumatologues, en particulier pour les sociétés de spécialistes, le diagnostic
se fonde sur une
liste de critères
cliniques, radiologiques et biologiques. Il n’en reste pas moins que ce
diagnostic est difficile, comme vous pourrez le voir en consultant les réponses
les plus récentes sur ce sujet (Réponses
  405, 560, 615, 617, 649, 709 et 718).

Dans votre cas particulier, le
malentendu vient du fait que, comme votre médecin,
vous attendez que les résultats de laboratoire vous apportent la certitude
du diagnostic
. On vous a fait « énormément d’examens sanguins »,
« toute une batterie d’examens sanguins ». Vous  « n’en
pouvez plus d’attendre les résultats »…Pourtant ces examens vous ont
apporté la confirmation de l’origine inflammatoire de votre mal. Il est bien
connu que la polyarthrite rhumatoïde peut évoluer longtemps avec un facteur
rhumatoïde négatif (on
parle alors de
polyarthrite séro-négative
). On sait aussi que les anti-CCP, qui ont une grande valeur 
diagnostique quand ils sont présents, ne sont pas indispensables : leur absence n’est absolument pas un
argument
  d’exclusion de ce
diagnostic.

Nous vous parlions d’autre part de
l’utilité de l’
IRM et de l’ultrasonographie des extrémités, pour
les cas où la radiologie classique est insuffisante. Nous ne savons pas si l’un
ou l’autre de ces examens a été réalisé.

Enfin, qu’en est-il de votre traitement ? Vous nous avez parlé des
anti-inflammatoires, inefficaces (ce qui est souvent le cas dans ces situations)
et de la cortisone (qui n’a qu’un effet suspensif et qui ne peut pas être
considérée comme un traitement de fond de la maladie).

Dans notre pays, nous n’avons pas
l’habitude d’utiliser le terme de
polyarthrite
non-étiquetée
(terme qui m’est pas très heureux, mais qui voudrait dire
« polyarthrite qui n’a pas encore démontré de facteur rhumatoïde). Sur la
base des critères internationaux, nous parlons plutôt de
polyarthrite possible, ou probable,
ou
certaine. Lorsque le facteur
rhumatoïde est absent, nous parlons de
polyarthrite
séronégative
.

Sur
la base de l’ensemble des renseignements que vous nous avez donnés
, et malgré la distance qui nous sépare, nous pensons
qu’après six mois d’évolution continue il est temps d’envisager un
traitement de base de la polyarthrite,
si cela n’a pas déjà été fait. Donnez-nous des nouvelles !

 Votre
témoignage

 

 

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